Bonjour a tous,
Voici notre dernière News avant notre retour puisque nous prenons l’avion demain matin. Voilà, c’est déjà presque terminé pour la partie voyage, le reste, ne faisant, bien entendu que commencer.
Mais tout d’abord des remerciements et des excuses.
Les excuses, sincères, pour les terribles coquilles de chacune de nos news précédentes. À la relecture, on se demande vraiment comment il est possible de passer au travers. Une seule excuse la fatigue et l’altitude. Après dix-huit heures de pistes, de photos, d’émotions, à presque deux heures du matin et 4200m d’altitude on est à moitié pardonné. Donc en avouant on est normalement pardonné de la deuxième moitié :- -)))
Les remerciements non moins sincères pour être simplement là, présents par la pensée.
Alors qu’avons nous fait ces deux derniers jours ?
Avant hier, Vera et Tristan sont redescendus dans une mine pour filmer et photographier la sombre réalité. C’était sous une pluie battante, le Cerro Rico encapuchonné de brouillard épais. Dans le même temps Corinne et Guilhem devaient aller dans une nouvelle école de Voix Libres à quatre heures de route pour son inauguration. Mais les routes sont coupées. Les blocus de la nuit d’avant ont repris. Demi-tour. Pour ma part je dois rester sur place, à la fondation photographier les entreprises (confection, menuiserie, boulangerie) et prendre des portraits du staff Bolivien. Je suis très soucieux de montrer que toute cette organisation repose en grande partie sur les Boliviens eux-mêmes. Mais voilà rien ne se passe ici comme on peut le prévoir et je me retrouve à faire un audit du système administratif et comptable de Voix Libres. Je pose les questions classiques. Organigramme, séparation des pouvoirs, traçabilité des décisions, mise en concurrence des fournisseurs, sécurité des données informatiques… etc. Nous passons une heure ou deux avec la responsable de la comptabilité. Résultat 20/20. Devant mes félicitations elle fond en larme ! Je suis confus, j’ai dit une bêtise ? Non, en Bolivie les compliments semblent ne pas abonder de la part des hommes et elle est simplement émue. Voilà, j’ai enfin l’autorisation de photographier. Je monte ma chambre photographique et dans une lumière finissante de crépuscule, réalise une vingtaine de polaroïds.
C’est la fête. Chacun pose, chacun se mire et s’admire avec plaisir ou grimaces. Il faut recommencer certains portraits. Tout le monde vient demander le sien et Marianne pousse les uns et les autres. Bien entendu, comme elle fait le pitre, c’est elle la plus difficile à photographier :--))) J’ai donc le chauffeur, le menuisier, la dentiste (coquette), le policier, la responsable des mines, un homme âgé et malade qui vient se faire soigner au dispensaire de la fondation, Alberto-docteur-Martinez le directeur et avocat de Voix Libres Bolivie, la comptable, l’éducateur… Presque tous sortent de la mine. Presque tous ont des histoires cognées et sont d’authentiques résilients. J’espère que vous verrez ces portraits et qu’ils seront à la hauteur.
Il fait nuit, nous allons dîner dans un café sympa de Potosí.
Demain nous laissons Vera qui restera plus longtemps et terminera des reportages et un travail d’auteur. Elle est triste de la coupure. Allez Vera ! Courage on se retrouve à Paris.
Nous travaillons avec Marianne sur l’avenir. L’expo, le développement de Voix Libres.
Le lendemain, et donc hier, c’est un peu le mode panique. Pas de place dans les avions, routes bloquées, re bloquées, débloquées, re re bloquées, ici, là… Si nous n’étions pas encadrés nous n’aurions que peu de chance de rentrer sur Paris en temps et heures pour la reprise de lundi matin. Finalement nous ferons le voyage en voiture par des pistes détournées. Potosí, Sucre, Cochabamba. La première moitié avec le chauffeur de Potosí, la seconde avec une deuxième voiture venue de Cochabamba pour nous récupérer « au milieu de nulle part » à mi chemin. Arrivée minuit après 12 ou 13 heures de piste.
Les paysages sont grandioses. La route est souvent effondrée, recouverte d’éboulis et de glissement de terrain. Il y à parfois des trous de 2 m de diamètre et de 1m de profondeur. Un camion s’est détruit sur l’un d’entre eux et gît sur le bas côté. On roule souvent dans des ruisseaux transversaux à mi jante. Les fleuves charrient une eau rouge brique et la piste les longe dans des lacets magnifiques.
La jonction entre les voitures se fait mais un pneu a explosé. Pas question de poursuivre sans réparer. Tout est fermé. Carlos donne sa roue de secours et restera dormir sur place pour réparer ultérieurement. Il pleut. Les étoiles apparaissent de temps en temps.
Suivent de longues heures de somnolence et de crispations sur cette banquette étroite du pick-up. Je songe. Nous songeons tous dans un silence fatigué. Ce n’est pas si facile d’être positif à toute heure du jour et de la nuit et je crois que nous sommes dans un mélange de tristesse et de fatigue à mi chemin entre l’enthousiasme de ce que nous avons vu, fait et la gravité de tout ce que nous avons touché, de tous ceux que nous avons approchés. C’est de cette épaisseur de souffrance et de vie retrouvée dont il faudrait parler maintenant. Mais comment ? Les photos et les textes sont des outils modestes.. Comment vous toucher ? Comment vous dire mieux et plus le besoin immense ici et ailleurs de vous et de votre engagement ? Je ne sais. Je le sais. C’est la rencontre, la vraie, la physique, la charnelle qui est le déclencheur de tout. Alors, dans cette demi-conscience de la route trop longue et des soubresauts du coche, dans cet engourdissement des muscles et de la semi pénombre des phares, voilà tout ce que nous pouvons vous transmettre : venez. Venez le plus nombreux pour parler et partager les expériences de tous les Voix Libriens le 23 à Paris. Le 24 à Strasbourg. Le 25 à Genève. Le 26, le 27 à Potosí, le 28 au lac Titicaca, le 29 à ce ne sais où et cela n’est pas important puisqu’ils Travaillent tous les jours et vous attendent à chaque minute, les mains ouvertes.
Voilà. Voilà en quelques mots simples notre séjour Voix Libres en Bolivie. Nous espérons que ces News auront contribué à perfectionner votre connaissance de Voix Libres. Elles vont s’espacer un peu car le train-train va reprendre. Mais vous recevrez des nouvelles dès que possible.
Merci à tous et à bientôt
DERNIERE MINUTE !! VOUS ETES 101 inscrits !! Merci, nous avons le droit de rentrer maintenant :--))
101...101 c’est pas une ancienne histoire avec 101 chats ? Non, Blanche neige et les 101...Non 101 lamas Andins .. heu je sais plus...
101 c’est vous. Merci.
Bien amicalement pour l’équipe de Demain Nos Enfants en Bolivie
Michel Augendre